La technologie SDH
La demande croissante de la part des opérateurs pour de nouveaux services de télécom à large bande a été à l'origine des travaux sur les
réseaux optiques synchrones dès 1984. Les premiers résultats concernant les réseaux optiques synchrones (SONET : Synchronous Optical
NETwork) ont été publiés aux Etats-Unis fin 1986, à l'initiative de BELLCORE (BELL COmmunication REsearch).
Toute la difficulté de la normalisation a été de trouver un compromis entre les intérêts américains, européens et japonais afin de garantir
l'interconnexion des différents réseaux des opérateurs.
C'est finalement un débit de 51,84 Mb/s qui a été retenu pour former le premier niveau : STS -1 (Synchronous Transport Signal, level 1).
Les niveaux au-dessus du niveau 1 (STS - n) sont des multiples du niveau de base.
C'est en février 1988, à Séoul en Corée, que des accords internationaux ont abouti à une nouvelle série de recommandations :
- G.707 (Synchronous digital bit rate),
Ces accords sur la SDH furent ratifiés par le CCITT, à Melbourne en novembre 1988.
- G.708 (Network Node Interface for the synchronous digital hierarchy),
- G.709 (Synchronous multiplexing structure).
Pour la norme SONET, les niveaux sont classés en OC : Optical Container.
Pour la norme SDH, les niveaux sont organisés hierarchiquement en STM - n (Synchronous Transport Module, niveau n).
La hierarchie de la norme SDH correspond à celle de SONET pour les interfaces ATM.
Le niveau 1 de SDH (155,52 Mb/s) est le niveau 3 de SONET et le niveau 2 de SDH (622,08 Mb/s) est le niveau 12 de SONET.
Afin de conserver toutes les informations d'un signal analogique original, en vue de sa numérisation, il est nécessaire (théorème de Shannon)
de l'échantillonner à intervalles réguliers avec une fréquence supérieure à deux fois la fréquence significative la plus haute.
Si nous prenons la voix dont la bande passante est environ de 50 - 4000 Hz, il faut donc l'échantilloner au moins 8000 fois par seconde
(soit 8 KHz). Or, 1 / 8 KHz = 125 microseconde, est bien le temps de base de la trame synchrone émise par SDH, chaque trame étant
composée de 9 fois 270 octets (2430 octets). On retrouve bien le débit du STM 1, soit : 9 x 270 x 8 b x 8000 /s = 155,52 Mb/s.
Les 9 fois 270 octets sont représentés sous la forme de 9 rangées de 270 octets, sachant que les 9 premiers octets constituent
la zone de supervision de SDH qui contient des informations sur la gestion du réseau (on parle alors de "surdébit")
et les 261 octets suivants la zone d'informations à transmettre :
Les unités administratives sont de deux niveaux possibles : AU3 et AU4 en fonction du débit.
Le niveau STM 4 et STM 16 est formé respectivement de 4 et 16 trames de base STM 1.
Les réseaux auto-cicatrisants sont divisés en deux catégiories :
- les anneaux unidirectionnels,
- les anneaux bidirectionnels.
Il existe deux mécanismes de protection d'anneau :
- la protection de conduit,
- la protection de section de multiplexage.
Les anneaux bidirectionnels sont uniquement à protection de section et peuvent être à 2 ou 4 fibres.
Le choix du type d'anneau et de son mécanisme de protection associé dépend de plusieurs paramètres, tels que la taille du réseau et
le type de trafic sur le réseau. Néanmoins, les anneaux bidirectionnels conviennent mieux pour des trafics équilibrés entre chaque noeud
(réseau national par exemple) et que les anneaux unidirectionnels à protection de conduits sont plus adaptés à des trafics dirigés vers
un noeud particulier (hub par exemple). Cette dernière architecture est celle retenue par NAXOS pour son réseau haut-débit en
Ile-de-France.
La technologie SDH/SONET offre la possibilité de transmettre dans une même trame des services de types et débits différents, tels que les
conversations téléphoniques, les données informatiques, notamment Internet, et la vidéo numérique.
A titre d'exemple, avec un codage de la parole à 64 Kb/s, le nombre de communications téléphoniques simultanées
pouvant être transportées est de :
30 : pour un 2 Mb/s
Les principaux avantages de la technologie SDH par rapport aux systèmes traditionnels PDH concernent :
1890 : pour un 155 Mb/s
30 240 : pour un 2,5 Gb/s
120 960 : pour un 10 Gb/s
- la normalisation internationale,
- la fiabilité des transmissions réalisées (possibilité de reconfiguration automatique pour les systèmes à double cheminement),
- le prix de revient du Mb/s transmis,
- l'exploitation à distance des équipements et la supervision du réseau,
- la flexibilité et l'évolutivité du réseau.
Exemple de l'architecture SDH / PDH permettant de disposer de 4 X 2 Mb/s dans chaque station du métro :




